Le National devrait autoriser le diagnostic préimplantatoire

15/05/5014

La Suisse devrait autoriser les couples risquant de transmettre une maladie grave à leur enfant à recourir au diagnostic préimplantatoire. La commission de la science du National a adopté le projet.


Elle s’est même montrée très libérale concernant la trisomie 21 ou les «bébés sauveurs», a-t-elle communiqué jeudi. La Chambre du peuple dira le 3 juin si elle veut aller aussi loin ou s’en tenir à la version plus modérée présentée par le Conseil fédéral. Le Conseil des Etats avait déjà freiné les ambitions de sa commission.

Et le peuple aura le dernier mot. Il faut en effet modifier la constitution pour autoriser les couples à recourir au diagnostic préimplantatoire.

Cette technique permet d’analyser un embryon conçu in vitro pour y dépister d’éventuelles anomalies avant son implantation dans l’utérus. A l’heure actuelle, un couple ne peut détecter la transmission d’une maladie grave que pendant une grossesse, ce qui conduit souvent à un avortement.

Trisomie 21

Lors d’une précédente séance, la commission avait, par 16 voix contre 4 et 5 abstentions, décidé d’autoriser le dépistage de la trisomie 21. Nombre de pays européens, comme l’Espagne ou la Grande-Bretagne, pratiquent ce système. En les suivant, la majorité s’éloigne ainsi du régime strict proposé par le Conseil fédéral et avalisé par le Conseil des Etats.

Selon le gouvernement, le diagnostic préimplantatoire ne devrait pouvoir être pratiqué que s’il est impossible d’écarter autrement le danger concret que l’enfant soit porteur d’une prédisposition génétique à une maladie grave, dont la présence est avérée chez les parents. Ne pourraient entrer en ligne de compte que des maladies comme la mucoviscidose.

Parmi les conditions posées pour qu’un diagnostic puisse être mené figure la probabilité que la maladie se déclare avant l’âge de 50 ans. Par 16 voix contre 3, la commission de la science du National a refusé de supprimer cette limite d«âge.

«Bébés sauveurs»

Par 13 voix contre 11 et 1 abstention, elle propose d’autoriser la sélection de «bébés sauveurs», soit la sélection d’embryons à même de faire par la suite un don de cellules souches à un frère ou une soeur malade.

Par 17 voix contre 7, la commission a refusé de limiter à huit le nombre d’embryons pouvant être développés par cycle de traitement en vue d’un diagnostic préimplantatoire, et à trois pour une fécondation in vitro (FIV) «normale». Selon la majorité, il devrait être possible de développer autant d’embryons que nécessaire. Une femme peut produire jusqu’à quinze ovules par cycle.

La levée de l’interdiction de conserver des embryons a quant à elle été acceptée sans débat. Aujourd’hui, tous les embryons viables (jusqu’à trois) doivent être implantés. A l’avenir, toutes les femmes qui recourent à une FIV devraient pouvoir se faire implanter un seul embryon et congeler les autres, ce qui devrait réduire le nombre de grossesses multiples.

 

fuente: http://www.lematin.ch/suisse/Le-National-devrait-autoriser-le-diagnostic-preimplantatoire/story/20590277