Des cellules souches artificielles implantées chez un humain

12/09/2014

La toute première intervention chirurgicale d’implantation de cellules reprogrammées dites pluripotentes induites (iPS) a eu lieu vendredi 12 septembre au Japon dans le cadre des premiers essais cliniques mondiaux sur l’homme de cette technique de médecine régénérative.

Vérifier la sûreté

La patiente est une femme de 70 ans, a expliqué l’équipe médicale de la Fondation pour la recherche biomédicale et l’Innovation (Ibri) de Kobe (ouest) associée à Masayo Takahashi, directrice de projet à l’institut public Riken.

Le but de cette première opération sur l’homme est de vérifier la sûreté d’une telle intervention, notamment que ne se déclare pas un cancer, tout en espérant une amélioration de l’état de la personne concernée.

Le ministère japonais de la Santé avait approuvé il y a un an le projet d’essais proposé par l’Ibri et le Riken.

Cellules prélevées chez la patiente

Dans le cas présent, il s’agit de traiter une des formes de la maladie oculaire appelée dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), qui est la première cause de cécité des plus de 55 ans dans les pays industrialisés.

Pour ce faire, les chercheurs ont cultivé à partir d’iPS des cellules de la rétine de la patiente et les lui ont implantées.

Les cellules souches pluripotentes induites (iPS) sont créées à partir de cellules adultes du patient ramenées à l’état quasi embryonnaire en leur faisant de nouveau exprimer 4 gènes (normalement inactifs dans les cellules adultes).

Cette manipulation génétique a pour but de leur faire recouvrer leur immaturité et la capacité de se différencier dans tous les types cellulaires, en fonction du milieu dans lequel elles se trouvent.

Pas de problème éthique fondamental

En 2012, les chercheurs japonais Shinya Yamanaka et britannique John Gurdon avaient été récompensés conjointement du prix Nobel de médecine pour avoir mis au point la méthode qui permet de reprogrammer les cellules adultes en cellules souches, un procédé-clef pour l’avenir de la médecine régénérative.

L’usage de cellules iPS ne pose pas de problème éthique fondamental, au contraire des cellules souches prélevées sur des embryons humains.

Les travaux sur les cellules iPS sont devenus une priorité de recherche au Japon où l’Etat a décidé de leur allouer des financements importants considérant qu’il s’agit d’un domaine extrêmement prometteur dans lequel les Nippons devraient prendre une longueur d’avance.

 

fuente: http://www.lematin.ch/sante/sante/Des-cellules-souches-artificielles-implantees-chez-un-humain/story/27602787